WWF

La crise de l’eau touche aussi les pays riches

Le 21 Août 2006,

Les crises de l’eau, considérées comme un problème touchant les pays les plus pauvres, affectent de façon croissante certaines des nations les plus prospères, déclare le WWF avant la Semaine mondiale de l’eau à Stockholm (20-26août). L’Organisation Mondiale de Protection de l’Environnement vient de publier un nouveau rapport « Rich countries, poor water »* (« Pays riches, médiocres pour l’eau ») qui donne une vue d’ensemble des enjeux sur l’eau dans les pays développés.

Le rapport montre que la combinaison des changements climatiques, des épisodes de sécheresse et de la disparition des zones humides qui stockent l’eau engendre une crise mondiale, aggravée par l’inadéquation des aménagements et la mauvaise gestion de cette ressource. Le rapport se base sur des exemples pris en Australie, en Espagne, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et au Japon.

Dans les villes les plus assoiffées au monde, comme Houston et Sydney, le rythme de consommation de l’eau est bien plus élevé que celui de la reconstitution des réserves. A Londres, les fuites dues à un réseau de distribution vétuste sont estimées à l’équivalent de 300 piscines olympiques par jour. Dans les pays méditerranéens, la consommation d’eau à grande échelle liée au tourisme de masse et à l’irrigation de certaines cultures gourmandes en eau mettent en danger les ressources disponibles.

En France, « à la veille du deuxième passage de la loi sur l’eau au Sénat, le troisième épisode de sécheresse en quatre ans montre bien que la gestion de l’eau demeure un enjeu majeur et qu’il est indispensable de mettre en place une politique d’objectifs et de moyens cohérents visant à préserver le fonctionnement des milieux aquatiques et la ressource en eau », souligne Cyrille Deshayes, responsable Eaux Douces du WWF-France.

Quant aux pays émergents, « ils ont encore la possibilité de ne pas répéter les erreurs du passé et de s’épargner les coûts élevés qu’entraînent la restauration des écosystèmes d’eau douce détériorés », remarque Jamie Pittock, directeur du programme global Eaux Douces du WWF. Malheureusement, la majorité de ces pays a déjà été séduite par de grands projets d’infrastructures, sans qu’il n’y ait eu de réelle évaluation des besoins en eau ni de leurs coûts pour les populations et pour la nature ». Au Brésil et en Chine, plusieurs projets de barrages suscitent l’inquiétude quant aux conséquences sur l’environnement et les populations. En Inde, l’agriculture est menacée par une surexploitation généralisée des ressources en eau.

Les problèmes liés à l’eau, qui touchent aujourd’hui tant les pays riches que les nations pauvres, sont des signaux d’alarme qui doivent nous rappeler notre devoir de protéger la nature, source de toute l’eau dont nous avons besoin. Le bien-être matériel et la multiplication des infrastructures ne mettent pas à l’abri contre les pénuries ou les pollutions, et ne constituent pas des substituts efficaces à la protection des cours d’eau et des zones humides, ni à la restauration des plaines inondables.

A la veille de la Semaine mondiale de l’eau, les gouvernements doivent trouver des solutions adaptées, pour les riches comme pour les pauvres, notamment en réparant les infrastructures vétustes, en réduisant la contamination des eaux et en modifiant les pratiques actuelles d’irrigation des cultures.

 

 

Thon rouge : le WWF, Greenpeace et la Fondation Nicolas Hulot appellent en urgence à la tenue d’une table ronde avec le ministre de l’Agriculture et de la Pêche

Le 24 Août 2006,

© WWF-Canon / Jorge BARTOLOME 

Face au déplorable déni de démocratie qui a agité sans lui faire honneur la métropole méditerranéenne, il est urgent d’adopter des attitudes constructives pour préserver la survie du thon rouge.

Si le débat public n'a pas eu lieu à Marseille, il s'est largement développé au niveau national. L'agitation des opposants à la venue du Rainbow Warrior II a fait progresser de façon considérable le débat autour de la surexploitation du thon rouge, qui est une réalité. Il est temps de prendre des mesures de gestion courageuses pour sauvegarder cette ressource commune. C’est pourquoi le WWF, Greenpeace et FNH demandent au ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Monsieur Dominique Bussereau, de tenir une table ronde avec les associations environnementales, les organismes scientifiques et les professionnels de la pêche. « De l’affrontement, nous devons passer à la confrontation des idées », assure Serge Orru, directeur général du WWF France.

Aujourd’hui, le dépassement des quotas, ignoré ou contesté, fait l'objet d'un quasi-consensus. Dans son rapport publié en juin 2006, le WWF avait estimé que les captures de thon rouge pour 2004 et 2005 se situaient dans une fourchette comprise entre 42 et 49 000 tonnes, soit 40 % au-dessus des 32 000 tonnes du quota méditerranéen. Cette estimation est aujourd'hui reprise et même renchérie par les autorités scientifiques. Dans son dossier très documenté, l'IFREMER cite l'estimation fournie par le Comité Scientifique de la Commission Internationale pour la Conservation du Thon en Atlantique (l’ICCAT) : « le volume des captures de thon rouge se situe depuis une décennie autour de 50 000 tonnes par an ». Il relève également que les captures françaises annuelles depuis le milieu des années 90 se situeraient entre 8 000 et 15 000 tonnes (au lieu des 9 456 tonnes déclarées pour 6 300 tonnes autorisées).

Des éléments très sérieux indiquent donc que cette pêche illégale a conduit le stock de thon rouge au bord de l'extinction. Les spécialistes estiment à 25 000 tonnes par an le potentiel de production du stock. Avec 50 000 tonnes pas an capturées, cette pêche n'est pas durable. Ces 25 000 tonnes supplémentaires sont prélevées directement sur le « capital » et réduisent sa capacité de production un peu plus chaque année. Les pêcheurs traditionnels du sud de l'Espagne, dont les méthodes sont inchangées depuis des décennies, ont ainsi vu leurs captures réduites de 80 % en trois ans.

Les caractéristiques de la pêche au thon rouge font que l'effondrement des stocks sera brutal et sans avertissement. « Comme les thons sont capturés sur les zones où ils se concentrent pour se reproduire, les sennes continueront à se remplir jusqu'à ce que le dernier thon y pénètre et révèle brutalement l'effondrement du stock », précise Alain FONTENEAU spécialiste du thon à l'IRD (Institut de recherche pour le développement).

Si les scientifiques définissent les limites biologiques du stock de thon rouge et un niveau de captures soutenable, que les responsables politiques portent ces recommandations au sein des instances de décision et que les pêcheurs préservent l'avenir de leur activité, il sera alors possible de conjuguer une pêche durable avec la préservation des écosystèmes marins.

 

Déforestation en Tasmanie : l’incroyable certification

Le 31 Octobre 2006,

 

Au large de l’Australie, la Tasmanie abrite encore de magnifiques forêts primaires, une biodiversité exceptionnelle et des arbres parmi les plus grands et les plus âgés de la planète.Pourtant, chaque jour, l’équivalent de 44 terrains de football disparaissent en fumée : les arbres gigantesques sont abattus puis des hélicoptères lancent des bombes de napalm pour incendier les arbres restants et les souches. Une fois le sol nettoyé, des arbres exotiques à croissance rapide sont replantés. Pour empêcher les animaux de venir manger ces jeunes plants, un poison neurotoxique très puissant est répandu : des espèces en danger comme le diable de Tasmanie meurent dans de grandes souffrances. Il ne reste rien de la biodiversité originelle.

Un reportage sur ce désastre écologique sera diffusé dans le premier des quatre volets de la nouvelle émission de Yann Arthus Bertrand (« Vu du ciel ») le mardi 31 octobre à 20h50 sur France 2.

Nos associations souhaitent profiter de la diffusion de ce reportage pour alerter les citoyens sur cette déforestation sauvage dont ils pourraient être complices malgré eux en croyant faire un geste pour la planète. En effet, le bois et le papier issus de ces forêts, où sont pratiquées ces méthodes si peu écologiques, sont commercialisés avec le label PEFC[1] censé garantir que les bois viennent de « forêts gérées durablement ». Ce label, créé à l’origine par les forestiers européens, s’est ouvert en 2003 aux bois exotiques et en particulier à ceux provenant de forêts primaires.

Vous pourrez donc acheter dans votre magasin ou pour votre mairie, du papier ou un parquet en bois « certifié » en croyant faire un geste pour la planète…tout en contribuant à la destruction des forêts de Tasmanie.

Nos associations demandent au gouvernement et aux distributeurs de bois, qui jouent la carte de la confusion en faisant la promotion des « bois certifiés » d’écarter les labels les moins rigoureux pour ne pas induire le consommateur en erreur. Aujourd’hui, seul le FSC[2] refuse explicitement de certifier la coupe rase d'une forêt primaire pour la remplacer par une plantation.

A la demande de The Wilderness Society, les Amis de la Terre ont lancé une campagne pour interpeller publiquement la certification PEFC et demander l’annulation immédiate de la certification des bois venant de Tasmanie.

Pour en savoir plus et participer à la cyberpétition, consulter l’article en ligne sur le site des Amis de la Terre : www.amisdelaterre.org

Dernière mise à jour de cette page le 10/07/2007

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